Réduction générale 2026 : la hausse du Smic ne joue (presque) plus

La hausse du Smic de juin 2026 n’augmente pas votre réduction générale, elle réduit même le champ des salaires éligibles. Entre gel du Smic de référence, cas particuliers de fin de contrat et forfait jours, les automatismes de vos logiciels peuvent vous tromper. Votre paie suit-elle vraiment la nouvelle logique ?

Vous pourriez croire que la hausse du Smic de juin 2026 augmente automatiquement votre réduction générale de cotisations. C’est l’inverse.

Le gouvernement a décidé de geler le Smic de référence de la RGDU à sa valeur du 1er janvier 2026. Pour toute l’année 2026, le seuil d’éligibilité à la réduction (3 Smic) et le calcul du coefficient s’appuient donc sur ce seul Smic de janvier. La revalorisation de juin ne pèse pas sur la réduction générale.

Effet direct pour vous : le seuil de rémunération ouvrant droit à la réduction baisse par rapport à ce qui était attendu. Pour un temps plein à 151,67 heures, sans absence ni heures supplémentaires, le seuil 2026 sera de 65 630,52 €, alors qu’il aurait atteint 66 554,31 € si la hausse de juin avait été intégrée. Nous ne sommes pas surpris de voir des écarts entre vos simulations de début d’année et les calculs actualisés.

Autre point qui surprend souvent : cette règle vaut uniquement pour la RGDU. Les autres exonérations patronales indexées sur le Smic et non cumulables avec elle, comme Lodeom, TO-DE, aides à domicile, ZRR/ZFRR ou JEI, continuent à suivre la valeur réelle du Smic.

Le décret corrige aussi une anomalie sur les salariés en forfait jours. La majoration du Smic pour calculer la réduction reste réservée aux heures supplémentaires et aux RTT monétisées dans le cadre temporaire actuel, pas aux jours de repos abandonnés par les salariés en forfait jours. La précision vaut pour toute la RGDU 2026, sans effet rétroactif en votre faveur.

Dernier piège : la tolérance BOSS pour les contrats terminés entre le 1er et le 30 juin 2026, pour lesquels vous pouvez conserver un calcul avec le Smic de juin ou de janvier. Ce qui nous interpelle, c’est le risque d’incohérences entre dossiers si votre procédure n’est pas claire. Sur ce type de point, nous aidons nos clients à structurer la procédure interne avant qu'un problème survienne. Parlons-en.